BREF HISTORIQUE DU MEEF

Conformément au contenu du Décret ND/2017/288/PRG/SGG du 03 novembre 2017, le Ministère de l’environnement, des Eaux et Forêts a pour mission, la conception, l’élaboration et la mise en œuvre de la Politique du Gouvernement dans les domaines de l’Environnement, des Eaux et Forêts et de l’Assainissement.

Ses attributions spécifiques s’articulent autour de la législation et de la règlementation, de la conservation, de la protection et de la gestion des ressources naturelles renouvelables ainsi que de l’amélioration du cadre de vie.

La situation institutionnelle et organisationnelle du secteur de l’environnement a toujours constitué un défi lourd à relever pour les autorités guinéennes. En effet, durant près de 20 ans, la représentation institutionnelle de l’environnement a connu neuf (9) tutelles administratives et n’a pas pu véritablement affirmer son leadership.  

Certes de nombreux diagnostics et études nécessaires pour la prise de décisions stratégiques ont été menés mais sont restés souvent incomplets ou inappliqués. C’est par décret D/065/PRG/SGG/04 du 4 octobre 2004 que le secteur de l’environnement a été érigé en Ministère à part entière.

Relativement aux cheminements tumultueux que le secteur de l’environnement a traversés sur le plan institutionnel, il est important de rappeler les étapes suivantes :

1984 : Secrétariat d’Etat aux Eaux et Forêts, relevant du Ministère du Développement Rural ; 

1986 : Secrétariat d’Etat aux Eaux et Forêts, relevant du Ministère des Ressources Naturelles ;

1987 : Ministère de l’Agriculture et des Ressources Animales ;

2003 : Ministère de l’Agriculture, Elevage, Eaux et Forêts ;

2004 : Ministère de l’Environnement ;

2007 : Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage de l’Environnement, des Eaux et Forêts ;

2008 : Ministère du Développement Durable et de l’Environnement ;

2010 : Ministère Délégué à l’Environnement, aux Eaux et Forêts, relevant du Ministère d’Etat, de l’Energie et de l’Hydraulique ;

2013 : Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts.

Face à cette instabilité institutionnelle préjudiciable à l’accomplissement convenable de sa mission et vu l’importance du secteur de l’environnement ainsi que du potentiel des ressources naturelles disponibles, les autorités du pays ont élevé le secteur en Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts depuis 2013.

Depuis cette date, des grandes réformes ont été entreprises pour tenir compte des évolutions aux niveaux national, régional et international. Puis, des outils ont été élaborés dans le but de redonner au secteur de l’environnement sa véritable place dans les institutions gouvernementales.  

En termes d’enjeux, on peut dire notamment que le formidable capital naturel de la Guinée donne lieu à une véritable ruée vers l’or vert pour satisfaire les besoins d’énergie domestique (charbon de bois), pour la consommation locale et l’exportation (en bois d’œuvre) et pour les pratiques agricoles traditionnelles (nomadisme agricole et feux de brousse). A cela s’ajoute le braconnage et les conflits régionaux créés par l’afflux des réfugiés (Libéria et Sierra Léone) et qui ont lourdement pesé sur le patrimoine forestier et faunique guinéen.

Les principales opportunités, s’articulent autour de la particularité géographique du pays qui comprend quatre (4) régions naturelles spécifiques suffisamment dotées de potentialités naturelles favorables pour la promotion d’un développement régional équilibré.

Le développement de ces opportunités peut se baser sur des pôles régionaux compétitifs et inclusifs, ainsi que d’un potentiel important et diversifié de ressources biologiques et forestières. Celles-ci sont constituées par différents types de formations forestières.  

En 2018, le patrimoine forestier du pays était de 13 186 000 hectares, soit 53,64% du territoire national.

La superficie des forêts classées de l’Etat depuis leur création jusqu’en 1988 s’élevait à 1 182133 ha pour un total de 162 forêts classées, soit 4,80 % du territoire national.

La faune sauvage compte 1 117 espèces d’insectes, 260 espèces de mammifères, 518 espèces d’oiseaux, 140 espèces de reptiles et 76 espèces d’amphibiens.

Cette forte pression sur les ressources naturelles requiert des réponses urgentes et adéquates.

Les types de réponses apportées, fondamentalement depuis 2010, s’articulent autour de quatre (4) axes d’intervention prioritaires, à savoir :

  • Promotion de la bonne gouvernance environnementale
  • Gestion durable des ressources naturelles
  • Amélioration du cadre de vie
  •  Gestion des catastrophes et des urgences environnementales

La réforme de ce secteur a contribué à l’arrêt de certaines mauvaises pratiques telles que la coupe anarchique du bois par endroits, le braconnage, la pratique des feux de brousse et la dissuasion des délinquants. Ainsi, des bases vie et des postes de surveillance au niveau de certains parcs nationaux ont été réhabilités et la procédure de création d’un Parc National au niveau du Moyen Bafing est effectivement en cours.

La situation des ressources forestières au cours de la dernière décennie se présente comme suit :

  • La superficie des forêts privées communautaires au nombre de 257 s’élève à 45. 362,52 ha, soit 0,18 % du territoire national. 
  • La superficie des plantations forestières de l’Etat est de 4 733,99 ha pour un total de 242 forêts, soit 0,02% du territoire national. 
  • La superficie totale des plantations forestières privées et communautaires s’élève à 7. 755,38 ha pour un nombre total de 611, soit 0,03 % du territoire national. 

Quant au reboisement, c’est en 2006 qu’il y a eu la plus grande superficie reboisée avec 2. 828,54 ha, suivi de celui de l’année 2005 avec 2. 500 ha.

L’année 2013 a connu la plus faible réalisation dans le cadre du reboisement 317,72 ha.

En 2017, 555,71 ha ont été reboisés. Des efforts substantiels ont été fournis en 2018 avec le reboisement de 842,83 ha avec l’appui des ONG, des projets agricoles et miniers.

De 2013 à 2018, une superficie totale de 56 732 ha a été reboisée, suivie d’une mise en défens de 265 135 ha. Concernant les Aires Marines Protégées, de 2013 à 2014, deux (2) nouvelles réserves naturelles, Tristao et Alcatraz, ont été créées respectivement par les Décrets D/2013/037/PRG/SGG et D/2013/038/PRG/SGG du 20 février 2013.