LA JOURNÉE MONDIALE DE L’ENVIRONNEMENT

Secrétaire Général du MEEF

Déclaration de Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a l’occasion de La célébration de la journée mondiale de l’environnement

Citoyens et citoyennes ;

Chers compatriotes ;

Nous célébrons ce 05 juin, la Journée Mondiale de l’Environnement initiée par l’Organisation des Nations Unies en 1972 et qui s’affiche comme la journée la plus célèbre de l’action environnementale. Depuis 1974, elle est célébrée le 05 juin de chaque année, date anniversaire de la création du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Cette journée est un moyen par lequel les Nations Unies encouragent une prise de conscience individuelle et collective et une action d’envergure mondiale pour l’Environnement.

L’objectif visé par cette célébration est d’attirer l’attention de toutes les communautés du monde sur l’importance de l’Environnement, de susciter l’intérêt de la classe politique et le désir d’agir.

En effet, elle est mise à profit pour informer, éduquer et sensibiliser tous les acteurs au développement afin qu’ils comprennent que leur participation active et effective à la gestion durable de l’Environnement est essentielle et qu’ils doivent de ce fait, changer favorablement leurs comportements à l’égard des questions environnementales.

Le thème retenu cette année 2020 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement est intitulé « La biodiversité, une source de préoccupation à la fois urgente et existentielle».

C’est dire que la biodiversité, comprise comme les relations qui existent entre les êtres vivants et les conditions nécessaires à leur vie, à leur évolution et à leur reproduction se trouve de nos jours véritablement en péril et que c’est maintenant le moment ou jamais de mettre en œuvre les mesures de sauvegarde appropriées.

D’abord, il est important de rappeler que la Guinée a ratifié plusieurs instruments juridiques régionaux et internationaux régissant l’environnement et ses ressources dont la Convention sur la Diversité Biologique en 1993. Elle a été inspirée par l’engagement croissant de la Communauté Internationale en faveur du Développement Durable et représente un pas remarquable franchi vers la conservation des habitats et des espèces, l’utilisation durable de ses éléments, le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.

La Guinée est solidaire de ses engagements en matière de conservation de la biodiversité. Témoins, elle a validé une monographie nationale sur la diversité biologique ; deux stratégies nationales et leurs plans d’action de conservation de la diversité biologique couvrant la période allant de 1993 à 2025.

La Guinée a également souscrit au Plan stratégique de Nagoya et aux Objectifs d’Aïchi sur la biodiversité pour la période décennale 2011-2020.

A titre illustratif, la riche et impressionnante biodiversité guinéenne compte 3.062 espèces de plantes et 4.931 espèces animales recensées selon la monographie nationale. Le pays dispose également de sites d’importance régionale et mondiale comme la Réserve de biosphère, le Site du patrimoine des Monts Nimba qui regorge à elle seule 85% des espèces constitutives de la diversité biologique à l’échelle nationale avec la présence avérée d’espèces endémiques. La Guinée héberge aussi la plus importante population de chimpanzé d’Afrique de l’Ouest avec un effectif compris entre 12.000 et 17.000 individus.

Tout cela a valu à notre pays d’être considéré à la fois comme un scandale géologique, agricole, hydrographique en raison du volume et de la diversité de son potentiel naturel. En contrepartie, l’exploitation dudit potentiel ne manquera pas d’engendrer de nombreux impacts négatifs environnementaux et socio-économiques. Déjà préoccupants dans les zones d’exploitation minière et la zone côtière, ces impacts risquent de se faire sentir de manière cumulative et sur le long terme, avec des effets durables sur le bien-être et la santé des communautés, sur la biodiversité originelle, ainsi que les ressources naturelles. D’où l’intérêt de concilier l’exploitation des ressources non renouvelables avec la préservation de notre riche patrimoine en biodiversité.

Ensuite, vous conviendrez certainement avec nous, que la préservation, la protection, la valorisation et l’utilisation durable de la biodiversité est l’un des grands enjeux environnementaux auquel notre planète fait face en ce XXIème siècle. La biodiversité, c’est le riz, la protéine animale et végétale que nous consommons au quotidien pour nous maintenir en vie ; ce sont les racines, les feuilles, les écorces, les fleurs que nous utilisons pour nous soigner.

C’est pourquoi, le Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts invite les décideurs, les politiques, les autorités religieuses à tous les niveaux, les gestionnaires de projets/programmes, les groupements de jeunes et de femmes, bref l’ensemble de la population, à adopter davantage quelques attitudes très simples mais assez suffisantes pour sauvegarder la biodiversité. Il s’agit entre autres :

– d’éviter de faire de nos villes, cours d’eau, mers et océans, des dépotoirs de déchets ;

– d’encourager la mise en place, sur toute l’étendue du territoire, des associations de protection de la nature ;

– d’encourager la pratique de l’agriculture biologique ;

– d’encourager les pratiques consistant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ;

– d’inciter les autorités à tous les niveaux à fournir des efforts dans la plantation d’arbres pour promouvoir la biodiversité végétale, et de sensibiliser le grand public sur les questions liées à la biodiversité ;

– de pérenniser l’initiative Présidentielle de reboisement.

D’autre part, la biodiversité est souvent perçue à tort comme étant définitivement acquise, gratuite et éternelle, alors qu’elle est aujourd’hui fortement menacée de disparition par des activités humaines, notamment la destruction et la fragmentation des habitats naturels, les pollutions multiples, le braconnage, la surpêche, la surexploitation des terres et forêts, l’occupation anarchique du Domaine Public Maritime, la libération incontrôlée dans la nature des substances chimiques nocives entrainant les changements climatiques, l’introduction d’espèces exotiques, etc.

Toutefois, sauvegarder  la biodiversité requiert la participation de toutes et de tous ce qui reste conforme à la vision de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha CONDE, qui est exprimée dans la Lettre de mission adressée à Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts par Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Du reste, le Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts voudrait saisir cette opportunité pour lancer solennellement un appel aux guinéennes et aux guinéens à une prise de conscience collective pour la sauvegarde de la biodiversité notre res communis ou bien commun tout en convenant avec les Nations-Unies que la biodiversité c’est la vie, c’est notre vie. Sans biodiversité, il n’y a pas de vie et sa préservation est un devoir citoyen.

Vive la Journée Mondiale de l’Environnement !

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